trésors baroques

L’art baroque naît en Italie et se diffuse au monde vers 1600. L’Église réforme sa façon d’enseigner et sa liturgie. Il en résulte un art total, mêlant sculpture, peinture, orfèvrerie, broderie, chant… Les Pyrénées ont largement adopté ce nouveau style durant deux cents ans, permettant à des dynasties d’artistes de s’exprimer. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, petites et grandes églises, entre plaine et montagne, se parent de retables dorés, lambris peints, statues et anges virevoltants. Il en reste l’expression théâtrale et sensible d’une spiritualité à la fois populaire et savante.

Que vous soyez passionné d’histoire de l’art, visiteur curieux ou habitant désireux de redécouvrir le patrimoine de votre région, partez à la rencontre de ces trésors cachés ! La Communauté d’Agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées valorise ce patrimoine exceptionnel à travers un livre présentant à la fois une synthèse de l'art baroque pyrénéen, suivi d'un inventaire du mobilier : retable, tabernacle, chaire, confessionnal, fonts baptismaux ou statue. Ils témoignent de la vitalité de cet art qui a perduré deux siècles durant. Laissez-vous émerveiller par la beauté baroque de nos églises : un voyage au cœur de l’art sacré pyrénéen.

crédits photos ©thibaut de rouvray ©frédéric dupuy

[Livre en vente à l’office de tourisme de Saint-Pé-de-Bigorre (28€) ou auprès des librairies de Lourdes et de Tarbes — édition jour des arts.]

parlons baroque !

[dominique ferrère, projet d'un retable, dessin, xviiie s., fonds ferrère, grand séminaire de tarbes, adhp, 17fi13.]

retable triparti ou triptyque

Trois volets verticaux, sont délimités par des colonnes et pilastres peints en faux marbre. Le retable est souvent composé de plusieurs étages : les registres (ici, deux). Toujours placé au fond du chœur, ilsert souvent de cloison séparant l’église de la sacristie accessible par deux portes latérales.

Quelques-uns de nos trésors baroques remarquables

LÉZIGNAN : Église de la Toussaint

Cette église abrite trois retables dont le principal est l'œuvre de deux générations de l’atelier Ferrère. Sous une voûte en bois peinte d’un ciel étoilé, le volet central du retable est consacré à l'Assomption de la Vierge représentée par une statue en bois doré encadrée par deux panneaux latéraux avec les statues d'un saint évêque et de saint Jean. Le tour de force esthétique du volet central est de la main de Dominique Ferrère, un des plus doués de la dynastie de sculpteurs.

[retable et tabernacle de l'assomption de la vierge]

TARBES : Cathédrale Notre-Dame de La Sède

La cathédrale est le plus ancien monument de Tarbes et se situe dans le quartier historique de la Sède abritant l’hôtel de préfecture des Hautes-Pyrénées. D’origine romane, siège de l'évêque et du chapitre, elle s’est parée à l’époque baroque d’un ensemble mobilier, vitrine des nouveaux canons décoratifs au service de la liturgie. Le joyau intérieur de la cathédrale est le maître-autel surmonté d’un monumental baldaquin aux colonnes de marbre dans un chœur habillé de boiseries et garnis de stalles.

[baldaquin]

[grandes orgues]

[voûte peinte du choeur]

ANCLADES : Église de la Toussaint et Sainte-Bernadette

Peu connue, mais pleine de petits trésors… La modeste église d'origine médiévale du hameau d’Anclades, dépendant de Lourdes, a connu un réaménagement complet de son décor à l’époque baroque. Dans le chœur, un tableau de la Vierge emplit pratiquement tout l’espace du retable. Son encadrement en bois doré entremêle motifs rocaille et palmettes fleuries. Le tabernacle se déploie en deux longues courbes élégamment achevées par des angelots équilibristes. Toute l’église est parsemée d’éléments sculptés dont une Vierge médiévale.

[retable du choeur]

[Chapelle sud et sa statue médiévale]

[retable latéral]

CHEUST : Église Saint-Celse

Située sur un promontoire, l'église de Cheust domine le village au milieu de son enclos fortifié. A l’intérieur, l’élément le plus frappant est le retable monumental à trois volets richement sculpté dédié au patron de la paroisse. Il est encadré de colonnes torses ornées de pampres, un motif baroque emblématique et repose sur des cariatides (figures sculptées servant de supports, ici féminines). D’autres pièces du mobilier religieux témoignent aussi de cette esthétique baroque : un lutrin en forme d’aigle, doré à la feuille d’or, un tabernacle au décor sculpté très raffiné…

[retable de saint celse]

GAYAN : Église Saint-Jean-Baptiste

D’origine médiévale, l’église de Gayan passerait presque inaperçue aux yeux du visiteur non averti. Passée la porte monumentale en marbre gris, un rideau entrouvert peint en trompe-l’œil rappelle toute la théâtralitée du style. Le monumental retable à trois niveaux en bois sculpté s’offre au regard dans toute sa splendeur : il est comme une scène céleste dans laquelle saint Jean-Baptiste joue le rôle central, encadré des statues de ses parents Elisabeth et Zacharie.

[retable monumental]

JUNCALAS : Église Notre-Dame de l’Assomption

L’église de Juncalas, d’origine médiévale, abrite un imposant retable majeur. Composé de trois volets représentant l’Assomption encadrée par saint Michel terrassant le dragon et Notre Dame du Rosaire remettant le chapelet à saint Dominique et sainte Thérèse d’Avila. Ce décor s’impose d’emblée au visiteur par son ampleur et la qualité de son exécution. Des retables latéraux sont dédiés à saint Sébastien et saint Jean-Baptiste.

[retable principal]

[saint michel terrassant le dragon]

[assomption de la vierge]

LANNE : Église Saint-Blaise

L’architecture néogothique de la façade de cette grande église ne laisse pas présager de l’exceptionnel ensemble baroque qu’elle contient. Les peintures murales de l'époque baroque, peu courantes en Bigorre, forment un écrin remarquable au monumental baldaquin à la gloire de saint Blaise et du Christ. Dans la nef, on découvre deux retables latéraux dédiés à la Vierge, des fonts baptismaux, lambris…

→ pour toute visite, prendre rendez-vous à la Mairie (mairie-lanne@wanadoo.fr).

[vue d'ensemble des trois retables]

[saint-blaise]

[dieu le père]

LOUBAJAC : Église Saint-Saturnin

L’extrême richesse et variété du mobilier baroque de cette église en fait un édifice particulièrement intéressant. Le sanctuaire est précédé par un arc triomphal sur lequel se déploie un exceptionnel décor de stuc, rarement présent dans les églises, présenatnt en relief un dais à lambrequins et tentures retenues par deux chérubins. Une chapelle latérale abrite un rare tabernacle des années 1600.

→ église ouverte en juillet et août le samedi de 10h à 12h ou sur Rendez-vous avec Danielle VAN VEEN (tél : 06 44 94 71 98).

[voûte à décor de stuc]

[saint saturnin de toulouse]

[coffre eucharistique]

BÉNAC : Église de la Nativité de la Vierge

À l’époque médiévale, l’église faisait partie d’un prieuré bénédictin fortifié, rattaché à l’abbaye de Saint-Pé-de-Bigorre. Dans le chœur, le baldaquin en hémicycle élève haut ses colonnes peintes en faux marbre. Les deux retables latéraux sont attribués à Dominique Ferrère et présentent les scènes en bas-relief de la Nativité et de l’Ascension du Christ. Les figurines, empreintes d’une fraîcheur populaire et d’une touchante innocence, contrastent tant avec l’engagement rigoureux des panneautages peints en faux marbre qui encadrent ces grands reliefs, qu’avec la maîtrise confirmée du travail de sculpture des anges adorateurs.

→ église ouverte à la demande en prenant rendez-vous à la mairie (mairie-benac@wanadoo.fr).

[baldaquin en hémicycle]

SALLES-ADOUR : Église Saint-Barthélémy

L'église d'origine médiévale a été reprise au XVIIIe siècle. Les peintures historiées et décoratives du XIXe siècle forment un bel écrin au riche mobilier baroque. Le chœur, habillé de lambris moulurés en bois ciré, présente un retable tripartite de conception originale. Le registre supérieur s'avance en effet comme un balcon de théâtre, soutenu par deux colonnes torses ornées de pampres, dans lequel prend place l'apothéose de saint Barthélémy, que l'on voit s'élever vers les nuées habitées d'anges. Dans les volets latéraux, sur fond coloré rouge et noir, se dressent les statues de saint Pierre (clés) et de saint Paul (épée).

[détails du retable]

BARTRÈS : Église Saint-Jean-Baptiste

Dans cette église, autrefois fortifiée, le retable triptyque est dédié à saint Jean-Baptiste. Le volet central du baptême du Christ, au centre du chœur médiéval à pans coupés, attire le regard en premier lieu. Chaque élément semble participer à la scène : les anges adorateurs, au sommet des colonnes torses autour desquelles s'étire la vigne, les statues de saint Pierre à gauche et de sainte Catherine d’Alexandrie à droite. Les trois scènes du retable s'imposent par leur clarté et condensent les trois événements de la vie de saint Jean-Baptiste qui le lient au Christ.

→ église ouverte toute l’année.

[retable principal]

OMEX : Église Saint-Saturnin

L’intérieur abrite un beau retable baroque qui occupe toute la largeur de l’édifice. Ce dernier est un réassemblage d’éléments de boiseries datant des XVIIe et XVIIIe siècles. Il représente, en bois polychrome, un Christ en croix, encadré par Marie et  saint Jean.
De belles statues de bois  représentant sur le volet de gauche, saint Saturnin et sur celui de droite, saint Pierre. L'attique est composé des personnages de la Trinité : Jésus avec sa  croix, le Saint-Esprit sous la forme traditionnelle de la colombe et Dieu le père. Ils sont entourés d'une multitude d’angelots sur des nuages. Le tabernacle, représentant l’Annonciation, est attribué à l'atelier Claverie de Lourdes.

→ église ouverte toute l’année.

[retable cloison]

[tabernacle]

[angelots]